vendredi 4 janvier 2013



L’entretien d'embauche : les enjeux du recrutement
Plan du cours
      I.   Introduction
    II.   Les 6 phases de l’entretien d’embauche
  III.   Les règles fondamentales de l’entretien
   IV.   L’entretien en questions
     V.   Mise en situation : entretiens organisés par le groupe Hélice
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I. Introduction
Pensez : GAGNANT / GAGNANT
Que se soit pour vous même ou pour le recruteur, vous devez avoir à l'esprit que tous les deux sortirez gagnants d'une future collaboration. Pour vous même, vous aurez trouvé un emploi qui vous convient, vous motive et pour lequel vous trouverez une satisfaction tant professionnelle que personnelle. Pour le recruteur, il aura trouvé en vous un collaborateur fidèle, motivé et prêt à s'investir.
Donnez à votre interlocuteur l'impression que vous allez vraiment lui apporter quelque chose, un savoir faire et que vous allez vraiment répondre à ses besoins. Il faut que la personne en face de vous ait l'impression que vous lui posez cette question : Que puis-je faire pour vous ?
Vous devez ainsi vous comporter comme un professionnel. Il est nécessaire de se documenter sur l'exactitude des missions du poste à pourvoir, sur l'activité de l'entreprise. Vous devez vous adapter à votre interlocuteur, développer vos motivations, argumenter le contenu de votre CV. L'objectif à terme de ce rendez-vous est d'obtenir un contrat signé par les deux parties.
N'oubliez pas qu'un bon entretien d'embauche est:
- Interactif : Vous ne devez pas toujours monopoliser la parole.
- Dynamique : Ne laissez pas de blanc pendant la discussion.
- Organisé : Le recruteur à l'initiative du départ. Il commence généralement par vous exposer les missions du poste puis vous questionne sur votre cursus professionnel, l'entreprise, vos motivations.
- Limité : Vous avez un temps déterminé. Si le recruteur accorde 30 minutes à votre entretien il faut que vous soyez synthétique et clair.
Se préparer pour le jour "J"
Voici une "check-list" des précautions à prendre avant votre départ:
- Relire son CV et sa lettre de motivation.
- Relire la description du poste et cibler les points clefs de l'annonce.
- S'informer sur l'entreprise via son site web ou Internet en général (ou par n’importe quel autre moyen).
- Connaître la localisation du lieu de rendez-vous et faire une estimation du temps pour s'y rendre. (Objectif: ne pas arriver en retard et s’approprier les lieux).
- Prévoir une sacoche, un bloc note et un crayon pour noter certaines informations ou pour transporter des documents (notamment un deuxième CV au cas où le recruteur aurez égaré le votre).
- Penser à votre "look" : rasé, cheveux peignés, costume, tailleur si vous en avez. En effet, la première image que vous donnerez de vous passera par votre physionomie et votre style vestimentaire. Elle doit correspondre aux codes attachés au poste et à l’entreprise. Il faut par exemple éviter le jean troué, même si cela est à la mode !
- Reprenez les questions que vous souhaitez poser et auxquelles vous aurez à répondre.
II- Les 6 phases de l'entretien d'embauche
1. L’accueil
Vous vous rendez au siège de l'entreprise. A l'accueil demandez le responsable du recrutement ou la personne qui vous reçoit. Demandez à ce que l'on vous annonce. Rendez-vous au bureau du recruteur ou dans une salle d'attente. Dès qu'il vous reçoit, saluez le "en prononçant son nom de famille". ("Bonjour Monsieur Dupont, ... Enchanté Monsieur Dupont, je suis Vincent Lebrun. Nous avions rendez-vous pour un entretien...."). Les gens font plus attention aux personnes qui se souviennent d'eux.
2. Présentation de l'entreprise et du recruteur
Après vous avoir fait asseoir, le recruteur se présentera ainsi que l'entreprise. Il expliquera son rôle dans le recrutement, le temps imparti (réservé) pour ce rendez-vous, les différentes étapes ou tests qui s'y associent et vous représentera les missions du poste.
3. Vous vous présentez
Dès lors, c'est à vous de jouer. Le recruteur vous demandera de vous présenter. Lorsque l'on vous demande de vous présenter cela ne se restreint pas à votre nom de famille. Il faudra parler de votre parcours professionnel et scolaire en justifiant ce pourquoi vous avez fait vos choix de carrières. Finissez par dire ce pourquoi vous êtes là aujourd'hui.
4. Les questions
Si vous exprimez sans grandes difficultés votre parcours et vos motivations pour le poste lors de la 3ème phase, le recruteur ne devrait vous poser que quelques questions. Les questions classiques auxquelles il faut habituellement se préparer sont du genre : pourquoi êtes-vous candidat ? Pourquoi ce choix de formation ? Que nous apportez-vous ? Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? Qu’est-ce qui prouve que vous pouvez animer une équipe ? Quels sont vos centres d’intérêt personnels ?
 Il peut cependant continuer en vous interrogeant sur différents aspects de vos qualités, défauts, aptitudes pour le poste, ou autres sujets que vous n'avez pas bien exprimés auparavant, ou bien qui lui semble intéressants d'approfondir.
 Notez également que les recruteurs vont essayer de vous déstabilisez s'ils voient que vous avez "trop" préparé votre entretien de recrutement. Un conseil : cette phase de déstabilisation peut se présenter sous forme de question un peu personnelle, voire presque "agressive". Surtout ne vous énervez pas ! Si l'on vous "attaque" répondez calmement en expliquant que l'affirmation ou la question n'est pas fondée. Prouvez que le recruteur a tord ou a une mauvaise opinion. (Evaluation du stress / maîtrise de soit / argumentation).
5. Vos questions
Vous êtes ensuite invité à poser des questions. Comme nous vous l'avons dit auparavant vous devez vous munir d'une batterie de questions lors de l'entretien d'embauche. Le fait d'interroger votre interlocuteur lui montrera votre motivation globale pour le poste et pour l'entreprise. N'ayez pas peur d'être pertinent et entreprenant.
Vous ne pouvez pas effectivement arriver à un entretien sans avoir la moindre question en tête : votre participation active à l’entretien est l’attitude gagnante. Vos interrogations peuvent porter sur l’entreprise elle-même, sur le poste et son environnement, ainsi que sur les objectifs à court ou long terme. Abstenez-vous cependant de ne vous intéresser qu’aux avantages de l’entreprise, tels que les horaires, vacances, repas…
6. Conclure
Le recruteur conclue l'entretien de recrutement. Il vous informe des prochaines étapes du recrutement : date du prochain rendez-vous et date de la réponse qu'il vous fera parvenir. Evitez de poser la question "Allez vous m'engager..." ne vous en faîtes pas, vous aurez bientôt la réponse. Saluez vote interlocuteur, toujours en le nommant. « Au revoir Monsieur Dupont, à très bientôt... ».
III-         Les règles fondamentales de l’entretien
L’entretien obéit à des règles fondamentales. Ne pas les connaître vous expose à de graves déconvenues.
1-  Les comportements éliminatoires ou à éviter :
Voici une liste non exhaustive de comportements à éviter, certains sont directement éliminatoires :
Mentir, arriver en retard, jeter un œil insistant sur les documents posés sur le bureau, consulter votre montre devant le recruteur, vous lancer dans une discussion d’ordre politique ou religieux, raconter votre vie sentimentale, critiquer vos employeurs, afficher une tenue sale, placer des « euh » dans toutes vos phrases, donner des informations confidentielles, annoncer que le salaire n’a aucune espèce d’importance pour vous.
2-  Le langage non verbal :
« Le corps ne sait pas mentir ». La qualité de la communication repose sur la cohérence d’éléments verbaux et non verbaux.  Si vous avancez, par exemple, que vous n’êtes pas nerveux, votre corps pourrait vous trahir. Votre langage non verbal doit confirmer votre langage verbal.
3-  Le regard :
Le regard est une forme de communication non verbale.
-          Un regard est fuyant : c’est un indicateur de problème (manque d’assurance, stress, manque de confiance en soi…).
-          Une position haute du regard : vous faites appel aux sphères cognitives de votre pensée, vous réfléchissez.
-          Une position basse du regard : vous donnez le sentiment d’être en position de soumission.
Alors, il faut toujours regarder votre interlocuteur dans les yeux, ne laissez surtout pas votre regard flotter dans le vide.
4-  La voix :
La voix est ce qui va porter vos propos. Ce support de sens influence considérablement la manière dont votre message va être perçu. La voix comporte des paramètres clés de votre communication.
-          Le ton est l’élément qui traduit vos émotions. Par exemple, un ton monocorde devient très vite lassant pour un interlocuteur. Essayez de moduler naturellement votre voix.
-          Le volume est également révélateur. Ne parlez pas trop bas ni trop fort, mais de manière à ce que votre interlocuteur vous entende aisément.
-          Le débit révèle votre anxiété ou votre calme : parler vite, être incapable de prendre sa respiration, aligner les phrases sans les terminer jusqu’au bout… dévoile votre grande anxiété.
5-  Le visage :
Votre visage est un indicateur très utile. Sa tension se caractérise dans votre bouche, vos sourcils et votre front. On l’observe à la fois quand vous parlez, mais surtout quand vous écoutez. La transparence signifie la spontanéité de vos réactions.
6-  Les gestes :
La position de vos bras est interprétée :
-          Des bras détendus donnent des gestes spontanés
-          Des bras croisés ou collés sur vos jambes témoignent votre angoisse.
Adoptez des gestes simples, restez naturel.
IV- L’entretien en questions 
Les questions suivantes sont les plus courantes posées en entretien. Ces questions sont classées par thème :
Thème 1 : Les études
Les questions sur les études voient leur importance diminuer avec l’expérience des candidats. Elles sont donc particulièrement importantes pour les débutants et les élèves en recherche de stage. Le cursus scolaire remplace dans ce cas l’expérience professionnelle. A ce stade, il s’agit d’expliquer vos choix, vos motivations et de prouver votre cohérence professionnelle.
Question 1 : Pourquoi avez-vous suivi ce type d’études ?
Simplement on cherche à vérifier votre motivation pour les études. Les raisons externes (famille par exemple) sont peu convaincantes. Privilégiez plutôt votre raisonnement et surtout mettez une finalité à vos choix : pour pouvoir exercer telle profession, pour m’ouvrir sur les autres cultures…
Question 2 : Pourquoi avez-vous choisi cette école ?
On sait bien que le choix d’une école dépend des résultats à un concours ou de critères géographiques. Vous n’êtes pas là pour le rappeler mais pour expliquer en quoi cette école vous a permis d’atteindre ce que vous vous étiez fixé.
Question 3 : Que vous ont apporté vos études ?
Il s’agit d’évoquer vos connaissances et vos compétences acquises lors de votre cursus.
Question 4 : Pensez-vous que vos études vous ont bien préparé à la vie professionnelle ?
Pour répondre  à cette question, il faut faire le point sur le contenu exact de votre formation et insister sur l’aspect pratique de vos études.
Question 5 : Comment avez-vous financé vos études ?
On cherche à vérifier votre degré d’autonomie. Essayez de faire ressortir votre aptitude à prendre votre vie en main : financement de vos études à partir de jobs d’étudiants, prêts bancaires, travail annexe…
Question 6 : Quelles étaient vos activités extra-scolaires ?
On cherche à tester votre dynamisme, votre capacité d’intégration, votre aptitude de travail en groupe. Le candidat a intérêt de prouver que sa scolarité ne s’est pas bornée à prendre des cours et à passer des examens. Pour parler de vos activités annexes, faites-le de manière ordonnée : commencez par les raisons qui vous ont poussé à vous investir, parlez des contacts obtenus, des résultats enregistrés, de l’apport personnel dont vous avez profité.
Question 7 : Qu’avez-vous retiré des méthodes de travail durant vos années d’étude ?
On cherche à mesurer votre rigueur, votre sens de l’organisation, votre persévérance…
Question 8 : Avez-vous toujours des contacts avec vos camarades de promotion ?
La question est aussi de cohérence. Le but est de tester votre capacité relationnelle, alors soyez simplement cohérent dans l’importance de vos relations. Il n’est pas rare d’entendre des candidats expliquer que la vie en groupe a forgé durant trois ans de solides amitiés et habitudes de travail puis déplorer quelques minutes plus tard qu’il ne voit plus personne depuis la fin de l’année universitaire !
Question 9 : Expliquez-moi la logique de votre parcours ?
C’est une question primordiale qui a pour objectif de tester la maturité et la cohérence du candidat. Un seul mot d’ordre : cohérence à tous les étages. Le candidat doit montrer que sa scolarité est orientée vers un objectif professionnel.
Thème 2 : La personnalité
Question 10 : Parlez moi de vous, présentez-vous…
Ce n’est pas une question, mais plutôt une invitation à la discussion.
On n’attend pas que vous développiez des sujets d’ordre intime, mais vous devez fournir des informations bien réfléchies. Il ne s’agit pas non plus de décrire votre état civil qui figure déjà sur votre CV (nom, prénom, date de naissance, situation matrimoniale…). L’objectif de cette question vaste est de tester vos facultés de synthèse. Vérifiez la pertinence de ce que vous avancez.
Conseil : préparez un petit résumé de vos expériences et de vos attentes. Soyez bref et précis.
Question 11 : Quelles sont vos principales qualités ? Quels sont vos principaux défauts ?
On cherche simplement à savoir si vous êtes capable d’émettre une opinion sur vous. Savoir s’identifier est un atout majeur.
Choisissez des caractéristiques trouvant une application dans votre vie professionnelle ou encore, dans le cadre du poste auquel vous postulez.
Question 12 : Comment vous voyez-vous dans cinq ans ?
On teste votre faculté à vous projeter dans l’avenir. Préférez une évolution dans le degré de vos responsabilités plutôt que dans leurs natures.
Vous devez faire preuve de cohérence et de lucidité. La réponse que vous formulerez doit constituer l’aboutissement d’un plan de carrière censé apparaître détaillé à moyen terme, le résultat d’une démonstration mûrement réfléchie.
Question 13 : Acceptez-vous facilement l’autorité ?
Une question piège. En d’autres termes : serez-vous un problème pour moi qui suis votre supérieur hiérarchique ?
Si vous acceptez tout, vous ne serez pas jugé digne de confiance, si vous montrez trop de rigidité vous deviendrez un problème et serez donc éliminé.
Vous devez simplement respecter l’autorité et la hiérarchie car le monde de l’entreprise se base d’abord sur la compétence mais également sur le respect des règles.
Question 14 : Est ce que votre vie familiale passe avant ou après votre vie professionnelle ?
On teste votre capacité à assurer un travail le week-end ou à des heures tardives. Privilégiez toujours les qualités d’organisation que vous possédez : votre capacité à concilier votre vie familiale et votre vie professionnelle.
Question 15 : Etes-vous marié, célibataire ?
La question peut simplement témoigner d’un intérêt pour votre style de vie, cerner au plus près vos motivations dans la vie.  Elle peut permettre également d’aborder la question de mobilité géographique et votre capacité familiale à l’assumer.
Question 16 : Quel est le parent qui a le plus d’influence sur vous ?
En identifiant telle ou telle personne (parent, ami…) comme exerçant une influence déterminante sur votre comportement, vous réduirez d’autant la crédibilité de votre propre personnalité. La réponse recommandée : vous êtes votre propre modèle, riche de ce que vous a apporté votre entourage.
Question 17 : Etes vous ponctuel ?
Répondez que oui, vous êtes ponctuel et cherchez aussitôt à élargir le propos. Ajoutez que la gestion du temps est un ingrédient important dans la réussite d’une carrière professionnelle, que vous ne stressez pas devant la perspective d’un travail à rendre rapidement, et que, pour vous, le respect passe aussi par la ponctualité.
Thème 3 : Expérience professionnelle
Question 18 : Pourquoi avoir choisi ce métier ?
Un rappel de votre motivation et la possibilité de vérifier si vos attentes correspondent aux données du poste.
Question 19 : Quelles étaient vos responsabilités dans votre ancien poste ?
On attend de vous une description précise des taches qui vous étaient confiées. N’attachez  pas d’importance aux titres mais à la réalité de ce que vous faisiez.
Question 20 : Qu’avez-vous appris à ce poste ?
On cherche à vérifier si vous possédez bien les qualités qu’on pense nécessaires.
Question 21 : Quels échanges aviez vous avec les autres services ?
Il est utile de connaître vos capacités de dialogue avec des univers différents du votre, votre ouverture d’esprit.
Question 22 : Comment avez-vous trouvé votre stage ?
N’ayez pas honte de parler de vos pistons, mais remplacez le terme « piston » par « relations ». Faites remarquer que cela vous oblige à une plus grande disponibilité, un plus grand sérieux car il ne saurait être question de décevoir ceux qui vous ont fait confiance.
Question 23 : Pouvez-vous me décrire une journée de travail au cours de votre stage ?
Le but est de tester votre capacité à organiser votre travail, votre emploi du temps… Montrez-vous précis, pointu et professionnel dans la mesure du possible.
Question 24 : Si je prends des références chez votre ancien employeur, que va-t-il me dire sur vous ?
1er objectif de la question : fournir une occasion à votre interlocuteur de guetter votre réaction. Semblez-vous gêné ? Contrarié ?
2ème objectif : recueillir vos propres impressions sur cette expérience. Soyez positif mais n’en rajoutez pas. Exprimez objectivement votre sentiment sur votre collaboration, faites part au recruteur de l’avis positif éventuellement émis à votre propos par votre ancien employeur.
Thème 4 : Le salaire
Question 25 : Combien valez-vous ?
Une manière de vous demander un chiffre en émettant un jugement de valeur sur votre personne. On ne vous demande pas ce que vous valez, mais combien. On vous pose cette question pour vérifier votre professionnalisme. Les salaires de marché sont publiés chaque année et vous devez être capable de savoir combien le travail que vous effectuez est « coté ».
Question 26 : Quelles sont vos prétentions ?
Pour répondre à cette question, ne tombez pas dans deux pièges : celui de dire que vous accepteriez n’importe quoi et celui de faire un essai bénévole.
Propositions de réponse :
-          Une réponse directe : 1000dt bruts par mois
-          Une fourchette : entre 1000 et 1300 par mois
-          Salaire précédent : je gagne actuellement 950dt par mois et je n’envisage pas quitter mon poste à moins de 1000dt.
-          Un renseignement : la dernière enquête de tel magazine montrait que le salaire médian pour quelqu’un de mon âge dans une entreprise de votre taille est de 1100dt.
-          Une question : je vais vous donner mon chiffre, mais de votre coté à combien estimez-vous mon expérience et mon professionnalisme
-          Le budget : vous avez sans doute prévu un budget pour ce poste, faites moi une proposition et je vous dirai ma réponse.
N’oubliez pas que cette question reste évidemment pour le recruteur une occasion de tester votre sagacité, vos capacités de jugement et d’évaluation, votre sens de la mesure.
Un conseil, renseignez vous sur : quels sont les salaires couramment pratiqués pour ce poste, dans ce secteur ? Les rémunérations dans cette entreprise sont-elles au dessus du marché ? En dessous ? Votre prix doit coller aux attentes de la demande.
Question 27 : Quelle forme de rémunération souhaitez-vous ?
On rentre un peu plus dans la politique de rémunération, en prenant soin de séparer la partie fixe, la partie variable liée aux résultats personnels ou à ceux de l’entreprise, la pratique du 13ème mois ou autre.
Renseignez-vous autant que possible sur la politique salariale de votre interlocuteur.
Question 28 : Acceptez-vous être rémunéré selon vos résultats ?
Cette question signifie la plupart du temps que vous ne serez rémunéré qu’à la commission, ce qui est certes motivant mais stressant. Mesurez toutes les conséquences avant d’accepter.
Thème 5 : L’entreprise
Question 29 : Que savez-vous de notre entreprise ? Que savez-vous de nos produits ? Que savez-vous de notre secteur d’activité ?
Avant de se présenter à un entretien d’embauche, effectuez un vrai travail de documentation sur l’entreprise en question, ça laisse toujours de bonnes impressions, et ça prouve votre motivation.
Question 30 : Qu’est ce qui vous attire le plus chez nous ?
C’est une question de motivation appuyée sur votre connaissance précise de l’entreprise.
Question 31 : Connaissez-vous notre PDG ? Qu’en pensez-vous ?
Ne portez jamais de jugement de valeur sur les hommes. Il est toujours utile de connaitre ses dirigeants, cela vous renseigne sur leur style de gestion du personnel mais aussi sur votre intérêt pour l’entreprise.
Question 32 : Pourquoi avez-vous répondu à notre annonce ?
Dans le cadre d’une candidature spontanée, on attend de vous un rôle encore plus directement opérationnel. Vous devez prouver en quoi vous apportez quelque chose sans attendre qu’on vous le précise. Cela vous demande une meilleure connaissance du secteur ou du fonctionnement interne de l’entreprise contactée.
Dans le cadre d’une réponse à une annonce, il existe des critères à avancer, comme : expérience, définition d’un profil type. Mais ces critères seront avancés par tous les candidats. Mettez-vous en valeur, et faites avancer vos compétences, vos qualités.
Thème 6 : Environnement du poste
Question 33 : N’êtes vous pas trop jeune / trop vieux ?
La question d’âge se pose toujours bien que c’est une question paradoxale. On exige l’expérience, alors que pour avoir une expérience il faut avoir travaillé, et pour travailler il faut avoir de l’expérience ! On ne peut pas demander à un jeune de 25 ans une expérience de 15ans !
On vous pose cette question pour vérifier votre degré de maturité et de responsabilité. Vous pouvez avancer que la compétence n’est pas directement liée à l’âge.
Question 34 : Diriger des hommes vous pose problème ? Être dirigé par une femme vous pose problème ?
Evitez les préjugés sexistes.
Thème 7 : Questions diverses
Question 35 : Quel est votre niveau d’anglais ?
Ne trichez surtout pas, car le recruteur peut bien vous proposer de continuer l’entretien dans la langue en question.
Parlez de vos voyages à l’étranger, de vos stages ou de vos déplacements professionnels, de vos lectures, des cours du soir…
Question 36 : Comment maîtrisez-vous le logiciel XXX ?
La connaissance d’un logiciel est fréquemment demandée. Il faut vous montrer opérationnel.
Question 37 : Avez-vous quelque chose d’autre à dire ? Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
Il serait dommage de répondre par la négative. On vous laisse une dernière chance et il faut saisir cette opportunité pour vous exprimer davantage. Revenez sur un point qui vous tient à cœur ou un aspect de votre candidature que vous gardiez en réserve.
Remarque : la loi vous protège dans quatre grands domaines : la sexualité, le syndicalisme, la politique et la religion. Vous n’êtes pas censés apporter des éléments de réponse concernant ces questions.
V-Les signes révélateurs du comportement du candidat 
Durant l’entretien d’embauche, on observe plus précisément les points suivants avec une pondération différente selon la nature, les inclinaisons et les intérêts du chef du personnel :
1-  Sur le plan communicationnel :
-          L’apparence extérieure du candidat
-          Le candidat s’exprime-t-il clairement et de façon compréhensible ?
-          Pense-t-il de façon logique ?
-          Est-il ouvert et apprécie-t-il le contact ?
-          Quelles sont ses mimiques et ses gestuelles ?
-          Est-t-il créatif ?
-          Sais-t-il être à l’écoute ?
2-  Immersion au sein d’une équipe :
-          Le candidat est-il capable de s’intégrer ?
-          Le candidat sait-il s’imposer ?
-          Prend-t-il les autres au sérieux ?
-          Sera-t-il en harmonie avec l’équipe en place ?
3-  Personnalité :
-          Le candidat a-t-il sa propre opinion ?
-          A-t-il une expérience dans la vie ?
-          Est-il sûr de lui ?
-          Sait-il ce qu’il veut ?
4-  Potentiel :
-          Semble-t-il capable d’évoluer ?
-          L’entreprise a-t-elle besoin de son potentiel ?
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VI- Mise en situation 
Les entretiens d’embauche organisés par le groupe Hélice.
Questions à Pascal Joubert, directeur de l’Agence de recrutement du Groupe Hélice, dont les besoins s’élèvent à 200 embauches par an.
Dans quel climat se déroule l’entretien, selon quel schéma ?
Nous improvisons totalement chaque entretien. Nous posons des questions pièges en cas de doutes sur les rapports au travail, pour savoir si quelqu’un est consciencieux ou non. Parfois, nous avons des doutes sur ses compétences techniques et sur ses dires, on peut sentir qu’il y a du bluff, mais c’est rare. Nous ne nous considérons pas comme des juges, chaque parcours est louable. L’entretien se déroule dans un climat serein d’une manière générale. Leur déstabilisation n’a pour nous aucun intérêt si l’on veut que les choses soient dites naturellement. Il faut que la personne soit en confiance avec la personne qui sera peut-être son futur patron, et qui sera à côté de lui lors d’entretien chez les clients. Il n’y a pas de règles vraiment précises car il n’y a pas deux personnes pareilles donc il faut les détendre pour savoir qui ils sont. On peut parler de tout dans un entretien, même du match de foot de la veille. Nous sommes très exigeants sur les points relationnels.
Le candidat doit-il éviter certaines erreurs ?
Le monde du service a ses spécificités : lorsqu’on va démarcher des clients, l’aspect vestimentaire est aussi important. Même si aujourd’hui dans les start-up des jeunes sont en t-shirt, cela reste très marginal. Le marché de l’informatique est encore situé au niveau des grands comptes dans le domaine des banques, des industries et des assurances : on ne peut pas y envoyer des collaborateurs en jean et baskets. Nous n’exigeons pas le costume cravate trois pièces… mais qu’ils aient une tenue classique. Lors de l’entretien, on joue aussi les grands frères en expliquant les choses : quand on est étudiant, l’aspect vestimentaire ne les préoccupe pas, mais il y a un cap à franchir pour rentrer dans le monde du travail. On estime qu’il y a un aspect pédagogique, c’est-à-dire que lorsque quelque chose ne va pas, on le leur dit. Cela leur permet de rebondir sur une autre proposition. On fait attention à beaucoup de petites choses. Il y a chez nous des valeurs ancestrales, mais qui sont souvent de simples règles de politesse. Par exemple lorsque le candidat sort de votre bureau et croise le PDG dans le couloir, il doit lui dire bonjour, même simplement en hochant la tête, ça doit être un réflexe. S’il l’ignore, c’est le genre de choses qui ne va peut-être pas ruiner l’entretien, mais qui va laisser une mauvaise impression. Nous sommes vigilants sur ce type de détails, nous attendons que les gens regardent autour d’eux et fassent attention.
Attendez-vous que le candidat connaisse bien l’entreprise ?
Il n’est pas important qu’ils ne nous connaissent pas et j’irai même plus loin : ça peut même nous déranger qu’ils nous connaissent trop bien ! Car nous n’avons pas une notoriété suffisante pour qu’ils puissent nous connaître aussi naturellement. Nous n’aimons pas les choses surfaites. Le secret d’une bonne candidature, c’est d’être soi-même, d’être naturel et d’avoir bien compris le système dans lequel on va travailler.